vendredi 17 novembre 2006

Le Beaujolais Nouveau désalcoolisé ?

Qui n’a pas fêté l’arrivée du Beaujolais Nouveau ce jeudi ? Tous les restaurants et bars affichaient un menu spécial Vin pour l’événement. Mais que cela signifie-t-il réellement? Le cru de cette année n’est pas pour ainsi dire le meilleur que l’on ait pu voir, mais quand même… Est-ce une raison de plus pour nous de célébrer nos produits français, ceux qui font notre gloire dans le monde entier ainsi que notre richesse ? Ou est-ce une raison de plus pour tout simplement « faire la fête » ? Bien sûr quand on voit une grande maison américaine comme Sutter Home désalcooliser ses vins (selon un article des Echos du 18 octobre 2006 de Laetitia Mailhes "La désalcoolisation secrète des vins californiens"), on ne peut s’empêcher de penser « Sacrilège ! Ils sont nuls ces Américains ! ». Cependant, dans certains pays tels que le Chili, la désalcoolisation du vin a été permis et un vin «léger» (moins de 9%) devrait voir ses débuts en 2007 au Royaume-Uni. Faudrait-il y voir une tendance généralisée ou une pression supplémentaire des Américains ?

La désalcoolisation du vin est effectuée avec des colonnes à plateaux tournants (ne me demandez pas en quoi ça consiste…), technique utilisée par la société ConeTech spécialisée dans la désalcoolisation du vin ou plus exactement «la gestion des arômes par ajustement de l’alcool» depuis 15 ans. Ce qui fait le plus peur est que ConeTech développe actuellement ses activités vers l’international et s’est même établie en France avec sa filiale ConeTech Languedoc pour des «projets expérimentaux»… La France va-t-elle aussi uniformiser le goût de son vin pour mieux l’exporter ? Le vin sera-t-il encore du vin ? En tout cas, rien ne pourra changer avant 2008, date de l'intégration annoncée par Bruxelles de la désalcoolisation au Code de pratiques vinicoles européen pour développer le marché.


Comment nos producteurs vinicoles réagissent-ils à cette mode lancée par les Etats-Unis? Devons-nous résister encore et encore face aux attaques continuelles des américains mondialisés tel un village plein de valeureux soldats ? Car n’oublions pas, nous avons notre potion magique…

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14 commentaires:

Anonymous Pierre Naquin a dit...

Salut !

L'uniformisation des goûts est malheureusement déjà une réalité... même sans désalcolisation.
Elle permet de créer des marques de vin plus facilement exportable et plus au goût des non-initiés (une marque, un goût).

N'est-il par contre pas plus dangereux de voir que la seule entreprise experte de la désalcolisation du vin soit américaine ?

17 novembre 2006 à 22:01:00 UTC+1  
Blogger Sandra Nguyen a dit...

merci pierre pour ton excellente remarque.
heureusement, ConeTech n'est pas la seule entreprise capable de désalcooliser...la question est à quelle rapidité ConeTech arrivera à prendre le maximum de part de marché sur ce segment naissant?
D'autres procédés existent et je te renvoie à cet article de La Revue des Oenologues:
http://www.oeno.tm.fr/extraits/wod/clst/2571x6208n6220_vRub/2571x6208x6209x6214x6220.html

Cependant en cherchant sur le site de la Revue des Oenologues, le dernier article concernant la désalcoolisation remonte à 2003...

17 novembre 2006 à 22:11:00 UTC+1  
Anonymous Anonyme a dit...

trop bien cet article, tres bonne introduction d'un debat qui touche a leur fleuron national francais: le VIN

a quand la reforme des appellations des vins de notre cher pays??

cest possible de suralcoolisé le vin??? (un ptit 30% serait pas mal)

PS: les vins americains sont vraiment pas terrible (2 indigestions en 2 degustations)

18 novembre 2006 à 04:13:00 UTC+1  
Blogger Sandra Nguyen a dit...

très bonne question, une réforme serait nécessaire si des vins à taux plus faible apparaissaient.
un vin suralcoolisé serait aussi une remise en cause du produit d'origine... mais rien ne t'empeche de (re)passer au whisky!

ps: en effet, ça sent le vécu!

18 novembre 2006 à 04:25:00 UTC+1  
Anonymous joffrey a dit...

C'est vrai que ca paraît fou de désalcoliser le vin....haaaa je vous jure ces ricains...

Mais en même temps, la France se fait dèjà prendre des parts de marché à l'international par tous les nouveaux pays producteurs de vin ( les US avec la Californie, Amérique du Sud etc..)

Alors ne vaut-il mieux pas être moins rigide avec nos traditions et essayer de s'adapter à cette nouvelle demande en créant un vin désalcolisé made in France??

Ou vaut-il mieux subir une concurrence qui de toute façon nous sera préjudiciable??

vaste débat

En tout cas bon article

19 novembre 2006 à 22:06:00 UTC+1  
Anonymous sabrina a dit...

salut
Je ne vois pas ou est le probleme.Est ce que c'est le fait de se faire piquer une tradition qui derange ou le fait que cela soit fait par les americains.
Personellement, je n'aime pas trop le vin, donc de mon point de vue tant mieux s'il est desalcolisé, il y aura peut etre moins d'accident...
Plutot que de subir cette concurrence, la france devrait s'adapter.

19 novembre 2006 à 23:09:00 UTC+1  
Blogger Sandra a dit...

S'aligner à la concurrence ou s'adapter aux besoins des consommateurs? Le résultat reste le même: les producteurs français doivent innover dans la production de leur vin pour maintenir leur part de marché sur le marché mondial viticole...d'où l'article!

19 novembre 2006 à 23:30:00 UTC+1  
Blogger Hugues d'Antin a dit...

La France doit s'adapter??? Peut etre en ce qui concerne des aspects de gestion et d'économies de cout. Mais il ne faut pas oublier que le vin français est aussi apprécié, y compris à l'étranger, pour tous les modes de production qui y sont attachés, et pour la richesse de ses vins de terroir. Alors plutot qu'un nivellement par le bas, ne faudrait-il pas plutot des efforts d'éducation pour savoir apprécier les subtilités du vin?

20 novembre 2006 à 14:35:00 UTC+1  
Anonymous guillaume cabanes a dit...

Salut!
je suis d'accord avec toi Hugues. Le vin désaloosisé est un faux problème, puisque en fin de compte ce n'est tout simplement plus du vin.

Si la France perd ses parts de marché, c'est surtout parce qu'elle se révèle incapable de concevoir une stratégie de conquête des marchés.
Les français sont trop timides en ce qui concerne la promotion de leurs produits!
Morale de l'histoire: plutôt que de produire des (vins) désalcoolisés, faudrait peut-être penser à se bouger!

21 novembre 2006 à 14:56:00 UTC+1  
Blogger Sandra Nguyen a dit...

Je tiens à préciser certains points:
le vin désalcoolisé ne signifie pas qu'il est sans alcool...mais qu'il a perdu 1 ou 2 degrés pour "lui donner plus d'arôme".
La désalcoolisation est une tendance qui a émergée avec les boissons alcoolisées soft type 'smirnoff ice'...plutôt destinées à un public féminin. Apparemment les femmes françaises ne sont pas les seules à apprécier ce type de boissons...

21 novembre 2006 à 21:38:00 UTC+1  
Anonymous Dionisos a dit...

je suis vigneron et tres heureux que vous vous interessiez au vin...je souhaite d'abord vous rassurer il existe des vignerons français qui proposent des vins partiellement désalcolisés...ceci étant il me semble important de concerver le mot vin pour définir le produit issu de la fermentation
du raisin...et il serait plus judicieux d'appeler "boisson fabriquer à partir de vin" lorsqu'il s'agit au travers de techniques de modifier soit la teneur alcolique ou de rajouter des aromes artificiels comme cela se fait déjà en Australie...

22 novembre 2006 à 14:29:00 UTC+1  
Blogger Sandra Nguyen a dit...

Merci Dionisos pour ces précisions. En effet, nous sommes 4 étudiants qui s'intéressent beaucoup au vin et qui l'apprécient encore plus...
>>"il serait plus judicieux d'appeler "boisson fabriquer à partir de vin" lorsqu'il s'agit au travers de techniques de modifier soit la teneur alcoolique ou de rajouter des aromes artificiels": en toute naïveté, quelle est alors la différence entre une désalcoolisation partielle et la modification en teneur aloolique? et jusqu'où selon toi pouvons-nous continuer à utiliser le terme de vin pour le produit en question?

22 novembre 2006 à 16:44:00 UTC+1  
Anonymous Dionisos a dit...

Bonjour Sandra,
pour moi un vin doit être sincére et son élaboration naturelle...la contre étiquette devrait révéler la totalité des pratiques, des artifices et des produits ajoutés...Il me semble que la traçabilité est un droit pour le consommateur...la désalcoolisation
par d'une idée fausse que l'alcool est un poison , de la même maniére que l'on a diabolisé la matiére grasse ( lait écrémé, demi écrémé, 0%) on banalise un produit avant qu'il ne puisse être qu'un produit industriel...le terme vin ne peut définir qu'un produit naturel.

22 novembre 2006 à 18:06:00 UTC+1  
Blogger Sandra Nguyen a dit...

Merci pour tes précisions Dionisos. On a encore beaucoup à apprendre sur le vin. Je suis d'accord que la traçabilité est un droit pour le consommateur, encore faut-il qu'elle soit bien visible...
La banalisation du vin est certes un phénomène réel, la question est: qui en bénéficie le plus?

23 novembre 2006 à 10:58:00 UTC+1  

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