mercredi 6 décembre 2006

Un réflexe protectionniste au Canada?

L’Union Européenne a demandé le 29 novembre auprès de l’OMC des consultations avec le Canada au sujet de ses nouvelles mesures fiscales concernant le vin et la bière. Cette nouvelle réglementation se traduit par l’exonération de droit d’accises pour les vins canadiens, mais le maintien de ces taxes sur les bières et vins importés. Ces mesures sont appliquées provisoirement depuis le 1er juillet 2006, leur entrée en application définitive restant soumise à un vote du Parlement canadien.

On constate encore une fois devant ce cas avéré de concurence déloyale de la part des canadiens que le concept de « main invisible du marché » est une grille de lecture inadaptée à l’économie mondiale. La France qui est souvent montré du doigt pour "ses mesures protectionnistes" ne va pas aussi loin dans la protection de ses produits.

Les sommes en jeu sont considérables. Les ventes de vin au Canada s’élèvent à 4,2 milliards (source : http://www.vitisphere.com/article.php?id=52206 ) de dollars en 2004-2005 (2,9M€), en hausse de 6,5 % par rapport à 2003-2004, et dont les vins importés représentent pratiquement la moitié du marché avec un chiffre d’affaire de 1,9 milliards de dollars. (source : http://www.statcan.ca). L’UE a exporté pour 446 millions d’euros de vin en 2005. Bien que les exportations de vin du Canada sont bien moindres que ses importations, elles représentent 41, 5 millions de dollars sur la période 2004-2005 dont le principal marché sont les Etats-Unis ( ils représentent 84% des débouchés et exportent aussi beaucoup de leur vin vers le Canada) et Taiwan.

Cette réaction du Canada est peut être du aux tendances lourdes qui s'exercent depuis une dizaine d'années sur son marché à savoir que la vente des vins importés augmentent bien plus vite que celle des vins intérieurs. A titre d'exemple sur la période de 2000/2001 à 2004/2005, le volume des ventes de vin canadien a augmenté de 13 %, soit beaucoup plus lentement que celui des marques importées, qui s’est accru de 23% .

Comment réagir efficacement face à ce sursaut protectionniste du Canada?

Pour agir efficacement les producteurs étrangers doivent jouer sur les 3 échiquiers :

- Géoéconomique : l'UE, Taiwan et les Etats-Unis doivent s'accorder pour faire pression sur le gouvernement canadien à travers des procédures à l'OMC et des mesures de rétention sur les exportations de vin canadien

- Concurrentiel : Rachat/ Prise de participation de producteurs canadiens, pression sur les distributeurs, stratégie marketing agressive, pression sur les entreprises canadiennes exportant vers les Etats-Unis et l'UE

- Société civile: Communiquer auprès des associations de consommateurs sur cette distorsion de la concurrence, communiquer auprès des consommateurs et organiser la polémique (sites Internet ou médias classiques)

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3 commentaires:

Anonymous Eric Devaux Landragin a dit...

Vous mettez en avant le réflexe protectionniste du Canada mais l'Union Européenne ne pratique t'elle pas la même politique avec son programme de subvention aux agriculteurs?
Il faudrait peut être réfléchir au problème global des subventions agricoles qui constituent une grave distorsion de la concurrence par rapport aux agriculteurs des pays en voie de développement qui ne bénéficient pas des mêmes aides.

7 décembre 2006 à 22:04:00 UTC+1  
Blogger Vincent Hallade a dit...

Merci pour ton commentaire Eric. Par rapport au Canada il faut savoir que ce pays a mis en place des mécanismes de subvention à destination de son agriculture tout comme l'Union Européenne. Les taxes sur les vins importés contituent donc un dispositif protectionniste enore plus important.

Le problème des subventions est très complexe et met en jeu des pans entiers de l'économie des pays développés et en voie de développement. On peut considérer que cela relève à la fois de la sécurité et de la maitrise de la chaine alimentaire.

Les subventions, que l'on soit pour on contre sont un nouvel exemple du manque de pertinence du concept de la libre concurrence pure et parfaite et de l'autoprégulation des marchés.

8 décembre 2006 à 13:36:00 UTC+1  
Anonymous Anonyme a dit...

Je suis d'accord avec Mr Eric devaux Landragin. L'économie du vin est sujet à de nombreuses subventions de la part des Etats producteurs.
Avant de dénoncer de telles pratiqques il faudrait voir si le retrait de ces subventions mettraient ou non en péril la pérénité des producteurs de vin canadiens face aux spiritueux importés.
Il ne suffit pas juste de dénoncer ces pratiques qui faussent les règles de la libre concurrence.
Il faut aussi étudier les effets du libéralisme de ces marchés.

8 décembre 2006 à 13:50:00 UTC+1  

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