mardi 15 mai 2007

Oenotourisme à Murcia

L'été approchant je ne peux m'empêcher de reproduire un article publié sur la version numérique du Figaro sur ma région d'origine, la région de Murcia, au sud de l'Espagne. Si vous n'avez pas encore choisi votre destination de vacance je vous la conseille. En plus cette région est une des zones émergentes au niveau de la qualité de ces vins sur le vieux continent, les zones de Calasparra, Bullas et Jumilla sont les villes phares du vin de la province.

Aux portes de l'Andalousie, une région à découvrir à travers ses traditions colorées.

Entre ses tumultueuses voisines, l'Andalousie et la Communauté valencienne, loin de l'effervescence des côtes à la mode, ce petit coin du sud de l'Espagne est longtemps resté ignoré des touristes, y compris espagnols, à cause de sa petite surface (1 317 km2) et de son enclavement. Ainsi préservée, la Murcie a pu conserver une sérénité nourrie d'une forte tradition du bien-vivre. Riche de son agriculture, le produit de ses célèbres huertas (vergers) en font le potager de l'Europe, un moteur économique qui entraîne aujourd'hui des projets de développement touristique. La terre ocre, coiffée des couleurs verte, orange, jaune et rouge de ses cultures maraîchères, rivalise désormais avec le bleu de son littoral (315 jours d'ensoleillement par an). Mais calme ne signifie pas ennui, et la jeunesse, nombreuse, insuffle un dynamisme perceptible au premier regard porté sur Murcie.


Ici, tout se passe autour de la cathédrale, très exactement au croisement des rues Traperia et Plateria, à l'endroit même où les musulmans fondèrent la ville (Mursya) il y a 700 ans. On vient s'y promener, se montrer, et surtout tapear (manger des tapas) dans les tavernes des fraîches ruelles au tracé arabe. La capitale vit au rythme estudiantin et, en fin de semaine, tandis que le centre-ville est pris d'assaut, on file s'ébrouer à 50 km de là, dans la mer Menor, une lagune salée de 170 km2 , où l'on s'éparpille dans les plaines irriguées qui bordent le rio Segura, parmi les peupliers noirs, les saules, les arbres fruitiers et les potagers. La fin de la période scolaire sonne le grand départ ; la cité se vide de la quasi-totalité de ses 400 000 habitants, écrasés par la chaleur caniculaire de l'été (de 45 à 50 °C en août). De l'eau ! Les uns se ruent vers les 250 km de littoral, d'autres se réfugient à l'ombre des orangers et des citronniers de la vallée de Ricote, une oasis luxuriante où le système d'irrigation mis en place par les Maures est toujours en vigueur. Suivre le parcours des norias, ces grandes roues de distribution de l'eau, revient à une délicieuse incursion aux temps d'al-Andalus, quand la courbe de la vie suivait étroitement celle d'un fil d'eau.
Mais c'est au printemps, quand les jardins pénètrent jusqu'au coeur de la ville, et que les senteurs d'agrumes flottent dans l'air, que les passions s'éveillent autour des festivités de la semaine sainte. Tradition oblige, et nous sommes sur des terres de coutumes. On y tient, on respecte, on célèbre en grande pompe. Si chacun tend à rejoindre son fief natal pour retrouver le goût d'antan, une petite ville, Lorca, se distingue par ses processions époustouflantes, les plus excentriques d'Espagne. Le défilé prend alors des accents de match de foot, quand les deux clans, blanc et bleu, rivalisent de créativité pour en confectionner les costumes ; une tradition artisanale de somptueuses broderies sur soie qui font la renommée de Lorca.
Et, comme tout se termine ici dans la convivialité, on se doit de sillonner, non loin de là, les vignobles des environs de Jumilla, qui produisent des vins de grande qualité, parmi les plus purs d'Espagne. A déguster au musée du Vin, rue Baron del Solar.


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