mercredi 31 janvier 2007

Comment la NASA tente d'"améliorer" le vin californien


La NASA a conduit deux projets avec Mondavi, multinationale américaine du vin, afin d'une part de mieux détecter la présence du phylloxera, et d'autre part de déterminer le meilleur moment pour les vendanges, la taille et autres opérations qui rythment l'année dans les vignobles.
Le projet CRUSH se proposait en fait de remplacer le savoir-faire, l'expérience née du temps, par une observation scientifique et vue du ciel des vignobles. Ainsi la connaissance de son vignoble ne dépend plus du lien qui unit le viticulteur à sa vigne, mais de statistiques sophistiquées.

Le résumé du projet CRUSH le dit clairement en introduction: la Californie n'a pas le recul nécessaire et le savoir faire français. La technique doit y remédier, et permettre aux producteurs de Mondavi de déterminer quelles parcelles doivent etre vendangées, et dans quel ordre, ainsi que la destination finale des raisins ainsi récoltés, en fonction de leur qualité.

Ce projet remonte tout de meme à presque 10 ans, puisque les résultats ont été publiés en 1998. De nombreux producteurs de vin ont désormais recours à ces pratiques.

Le projet VINTAGE (Viticultural Integration of NASA Technologies for Assessment of the Grapevine Environment) plus récent, étend ce "savoir faire" et a permis , en collaboration avec l'université du Montana, et la California State University de généraliser l'usage des technologies géospatiales. Il permet l'élaboration de cartes comme celle ci contre (source:Nasa), sur laquelle les différentes parcelles sont analysées en fonction de caractéristiques telles que la densité du feuillage, l'alignement des rangs...

Ce projet de grande ampleur montre d'abord que le secteur vinicole est stratégique pour la Californie, en terme d'emplois comme d'impots. On pourrait cependant s'étonner que la NASA s'interesse à la viticulture. C'est oublier les spécificités de la recherche aux Etats Unis, ou le passage entre la recherche et ses applications commerciales sont beaucoup plus facilitées qu'en France. Il n'en reste pas moins que cette initiative scientifiquement intéressante remet en cause toutes les perceptions -pas seulement françaises- que l'on a du vin: importance de l'historicité, du savoir-faire patiemment entretenu, de la subjectivité du vigneron, qui font tout la valeur d'un vin de qualité.

Ensuite, il pose la question de l'intrusion des technologies ultra avancées dans la viticulture. Deux attitudes possibles: soit on s'indigne du fait que la France ne suive pas et ne fasse pas assez d'efforts d'innovation. Soit, et c'est notre point de vue, on peut voir dans ce genre de projets de grande ampleur le symptome d'une industrialisation croissante du vin, au détriment de sa valeur historique et culturelle.

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