lundi 5 février 2007

La Russie, un marché potentiel mais difficile

La Russie reste encore grande consommatrice de vodka avec 80% des ventes d’alcool pour ce produit mais la part de marché du vin et de la bière ne cesse d’augmenter.

Le marché du vin en Russie a connu une progression de 62% entre 1993 et 2002. Les vins tranquilles rouges représentent de 60 à 70% du marché et plus de la moitié des vins consommés proviennent de la production locale ou d’anciennes régions de l’URSS comme le Daguestan, l’Ukraine, la Georgie, et surtout la Moldavie, qui fournissent des vins bon marché (source Viti-net ). Selon les professionnels du secteur, le marché du vin devrait progresser de 50% en volume d’ici 2009 et prédisent une croissance moyenne du marché de 20% par an durant les trois ans à venir. Avec la Chine c’est le seul marché à afficher des perspectives de croissante aussi importantes alors que les deux plus grands marchés, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne connaissant qu’une croissance respective de 2,6 % et 4 % .

Sur ce marché les vins français bénéficient d’une très bonne image et réalisent de bonnes performances En 2005 les exportations de vins français ont augmenté de 13% et sont très appréciés par les russes amateurs de vins qui sont de plus en plus nombreux. Pour s’implanter et développer les ventes, les producteurs français doivent mettre en place une stratégie d’éducation sur le marché russe pour former et développer la culture du vin dans ce pays.

Pourtant tout n’est pas rose au pays de l’Ex Union-Soviétique. A l’image du comportement russe par rapport au marché énergétique européen, la Russie a brutalement interdit en mars 2006 son marché aux vins moldaves et géorgiens accusés de sous prétexte qu'ils contiendraient des «pesticides» et des «métaux lourds». Le marché russe absorbe 76 % de toute la production de vin du pays (source site Libération). Cette décision a une forte connotation politique quand on sait que depuis mars, la Moldavie a réussi à imposer (avec le soutien de l'Union européenne) un contrôle renforcé des frontières de la Transnistrie, sa région de l'est qui se prétend, avec le soutien de la Russie, indépendante depuis 1990. En représailles, Moscou a voulu frappé un des points forts de l'économie moldave : le vin représentait jusqu'alors près d’un cinquième du PIB de ce petit pays, selon l'agence Moldovavin. Début décembre 2006, les interdictions ont été levées mais les conséquences économiques ont été dures et les licenciements ont été nombreux.

Moldava Vin (l’agence agro-alimentaire Moldova-Vin, chargée de s’assurer de la conformité des entreprises viticoles moldaves aux normes internationales, tant sur le plan sanitaire que sur le niveau de leurs équipements technologiques) n’a, à ce jour, obtenu de la part de l’Agence russe de contrôle vétérinaire et phytosanitaire aucun document spécifiant les conditions de la reprise des exportations de vins et de brandies moldaves vers la Russie (source : Vitisphere). Les vins français non concernés par les interdictions ont tout de même étaient pointés du doigt par le directeur de l’agence sanitaire russe qui affirmait que ceux-ci contenaient des toxiques.

De même la bonne santé du marché viticole est soumise à la bonne santé économique russe qui repose encore trop sur l’exportation de matières premières. Donc bien que la tendance reste positive, il faut se montrer prudent dans l’approche du pays et favoriser le partenariat avec un local pour éviter les pièges et gérer les contraintes réglementaires du marché russe.

Pour plus d’information sur les conditions d’accès du marché russe voir la fiche de synthèse de la Mission Economique de Russie.

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