lundi 23 avril 2007

La Chasse aux cartels de bière!!!


Au début des années 2000, la Commission Européenne a lancé, de sa propre initiative, une enquête afin d'examiner les pratiques anticoncurrentielles qu'elle soupçonnaitchez certains brasseurs au sein des pays de l'Union Européenne. Fin 2001, après investigation, les services européens de la Concurrence ont finalement sévi et ce sont les brasseurs luxembourgeois qui ont été les premiers condamnés pour entente sur leur marché national: les Brasseries de Luxembourg Mousel-Diekirch SA, SA Brasserie Nationale-Bofferding, Brasserie de Wiltz, Brasserie Battin pour un montant total de 448 000 euros.

Faisant d'une pierre deux coups, la Commission a également sanctionné le groupe français Danone, ancienne maison mère du brasseur belge Alken-Maes, et le groupe belge InterBrew à payer 91 millions, pour une entente en Belgique, de 1993 à 1998. Inbev a cependant vu sa pénalité annulé car a dénoncé l’entente illicite. De grands responsables des deux sociétés se seraient arrangés pour maintenir respectivement leur position sur ce marché : InBev, numéro un et Alken-Maes, numéro deux.
Condamné en 2001 par les services de la Concurrence de la Commission Européenn à une amende de 44 millions d'euros, DANONE avait déposé un recours, réduisant son amende à 42.4 millions en 2005. Le groupe avait alors à nouveau fait appel pour diminuer cette somme.
Celui-ci a été rejeté par la Cour Européenne de Justice. (Sources : Agrojob.com)

La troisième condamnation concernait un marché beaucoup plus important, la France. La Commission n'a alors infligé que 2,5 millions d'euros d'amende aux deux principaux groupes brassicoles français, Danone et Heineken France. En effet, selon l’Expansion, la Commission avait du renoncer à "90% des griefs" pour des raisons diverses (manque de temps, de ressources...) et s'était résignée à imposer une amende exceptionnellement réduite.

La dernière condamnation de l'UE a été lancée le mercredi 18 avril 2007 contre quatre brasseurs à une amende collective de 274 millions d'euros pour avoir participé à une entente illicite sur le marché de la bière aux Pays-Bas entre 1996 et 1999. Il s'agit des néerlandais Heineken une pénalité de 219 millions à lui seul), Bavaria et Grolsch, ainsi que du belge Interbrew, depuis devenu InBev. Le groupe belge a été en revanche « blanchi » pour s'être repenti et avoir dénoncé le traffic. Grolsch a écopé d’une amende de 31,7 millions et Bavaria de 22,8 millions d’euros.
(Sources: l'Express)

La commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes reproche aux brasseurs d'avoir, entre 1996 et 1999, "tenu des réunions officieuses, durant lesquelles ils ont coordonné les prix et les hausses de prix de la bière aux Pays-Bas".

"Nous ne pouvons tolérer que les principaux fournisseurs de bière se soient mis d'accord pour augmenter les prix et se partager le marché. Les plus hautes instances de ces entreprises savaient pertinemment que leurs agissements étaient illicites mais elles ont malgré tout poursuivi dans cette voie et ont tenté de brouiller les pistes", a déploré la commissaire mercredi 18 avril.

En effet, la Commission a déclaré le 18 avril 2007 que l'activité illégale avait eu lieu "entre 1996 et 1999 au moins", période au cours de laquelle les quatre brasseurs ont tenu "de nombreuses réunions officieuses" pour coordonner le prix de la bière aux Pays-Bas.

La Commission a également indiqué que des membres de haut niveau, tels que les membres des conseils d'administration et des directeurs nationaux, étaient impliqués dans ces réunions tenues dans des restaurants et des hôtels, utilisant des noms de code tels que "réunions d'agenda", "concertations Catherijne" ou "réunions d'échelle".
Neelie Kroes a indiqué : "Le message que j'adresse aux entreprises est clair". "La Commission européenne ne tolèrera pas les cartels. Si vous faites partie de cartels, vous encourrez des amendes considérables. Ne vous y risquez donc pas. Si vous êtes déjà membre d'un cartel, avertissez-en la Commission pour obtenir l'immunité avant que quelqu'un d'autre s'en charge à votre place". (Sources : Euroactiv.com)

Si la Belgique, le Luxembourg, la France et maintenant les Pays-Bas ont été rappelés à l'ordre, la Commission a en revanche clôturé, sans prendre de sanction, plusieurs dossiers: en Italie (dont les brasseurs ont été blanchis), au Danemark et au Portugal. L'amende de mercredi permet de porter le montant total des sommes perçues par la Commission dans sa lutte contre les cartels à plus de 2 milliards d'euros en 2007 après moins de quatre mois, à comparer à 1,8 milliard d'euros en 2006.
Il s'agit d'une bonne nouvelle pour le contribuable: les amendes alimentent directement le budget européen et ces sommes ne doivent donc plus être prises dans leur portefeuille. (Sources : Challenges)


Après cette longue mise au point historique, il est intéressant de constater qu’un acteur a joué un rôle primordiale dans le démantèlement de ces cartels : le groupe belge InBev (ex-Interbrew). Cette dénonciation au cours de ces enquêtes leur a été bénéfique : déjà en position de force sur les marchés, les amendes écopées par les autres brasseurs ont un impact direct sur leur image de marque mais aussi financier (au final le groupe Heinekein doit payer plus de 220 millions d’euros). Ainsi ce sont les grands gagnants de l’histoire…


Quelques mots sur la société :

InBev est le 1er producteur mondial de bières en volume. Le groupe produit et commercialise également des boissons sans alcool (boissons gazeuses, eau en bouteille, thé glacé). Les produits sont commercialisés sous marques propres (Stella Artois, Brahma, Beck's, Leffe, Hoegaarden, Bass, Staropramen, Skol, Guarana Antarctica, etc.) et tiers (Premium Beer, Supra Beer, Bucanero, etc.).
En outre, InBev développe une activité de production sous licence de bières (Absolut Cut, Budweiser, Bud Light, Castlemaine, Murphy's, Kelt et Holsten, etc.) et de boissons non alcoolisées (Pepsi, 7UP, Lipton Ice Tea).
La répartition géographique du CA est la suivante : Europe de l'Ouest (40,4% ; 39,3 millions d'hectolitres vendus en 2004), Amérique du Nord (21,6% ; 17 millions), Amérique Centrale et latine (14,1% ; 38,7 millions), Europe Centrale et de l'Est (14,6% ; 34,3 millions), Asie-Pacifique (7,5% ; 22,2 millions) et autres (1,8% ; 10,6 millions).



ACTIONNAIRES

Stichting Interbrew: 52.75%
Eugénie Patri Sébastien SA: 13.27%
Fondateurs: 1.29%



EQUIPE DIRIGEANTE

Pdt Conseil d'Administration: Peter Harf
Directeur Général: Carlos Brito
Directeur financier: Felipe Dutra
Ressources humaines: Peter Vrijsen


Sources : Europa

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