dimanche 3 juin 2007

Les concours de vin: possibles scandales en perspective

Les concours nationaux ou internationaux dédiés au monde du vin sont-ils en danger? En effet, il existe un mouvement grandissant qui met en doute ces concours. Ce mouvement n’est pas seulement constitué de consommateurs mais de plus en plus de viticulteurs, d’oenologues ou de négociants en vin rejoignent les critiques.

Examinons plus en détails les principaux arguments qui remettent en question les concours de vin.

Tout d’abord la fiabilité des jurys de ces concours est en jeu. Nous n’avons jamais aucun retour sur la constitution des jurys. Tout au mieux les organisateurs communiquent sur la présence d’un grand nom. Les occasions ne sont pas rares où la formation même des membres du jury est remise en cause. Nous pouvons même aller plus loin. Il n’existe pratiquement jamais aucune liste reprenant les participants à un évènement de ce type. Alors comment juger si un vin est le meilleur lorsqu’on ne sait même pas avec quels autres vins il se mesure ?


Un autre constat acablant est celui de la multiplication des concours. Ce sujet est d’autant plus grave que nous savons que lorsqu’un vin est médaillé, son prix augmente immédiatement. Nous nous trouvons donc dans une spirale où les producteurs et les organisateurs de concours se retrouvent avec les mêmes intérêts et essayent ainsi de fausser le jeu. Celui qui paye comme toujours : le consommateur.

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5 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

Il me semble que ces dernières années on assiste davantage à une baisse du prix du vin qu'à une hausse (sauf cas particulier des grands crus mais qui ne sont pas concernés par les concours dont vous parlez). C'est vraiment du mauvais journalisme que de laisser entendre le contraire. N'avez vous pas entendu parler de ces producteurs manifestant car le prix de vente de leur vin est inférieur à leur cout de production ?

4 juin 2007 à 12:12:00 UTC+2  
Blogger Hugues d'Antin a dit...

Bonjour

Nous ne voulons pas parler d'un hausse généralisée des prix du vin, mais seulement de cas ponctuels de vins primés. Les concours, médailles et récompenses sont aujourd'hui tellement nombreux que le jugement de valeur qu'ils expriment est de moins en moins légitime... Ce n'est d'ailleurs pas un problème propre au vin... Il existe pour le consommateur un manque évident de visibilité.

Ne nous faites pas le reproche de ne pas voir les contestations de producteurs mis à genoux par la grande distribution entre autres. Nous leur avons consacré un long article, complété d'un reportage sur la soirée contre les naufrageurs du vin.

Merci pour votre commentaire

4 juin 2007 à 14:08:00 UTC+2  
Anonymous Anonyme a dit...

Si les médailles attribuées lors de ces concours est un moyen de valoriser un vin : tant mieux ! Cela répond en outre à une préoccupation du consommateur qui cherche des signes pour se rassurer. Si la dérive que vous dénoncez en matière de jury est réelle, les premiers punis seront les metteurs en marché. La multiplications des concours et des vins médaillés ne peut aboutir qu'à une seule chose : les médailles ne rassureront plus le consommateur (comme c'est déjà le cas pour les AOC), ce ne sera plus un attribut permettant de différencier un vin d'un autre, leur effet deviendra nul et médailles et concours ne permettront plus de valoriser un vin. Comme il est dit dans les indestructibles des studios pixar : "lorsque tout le monde sera super plus personne ne le sera".

4 juin 2007 à 14:51:00 UTC+2  
Anonymous Anonyme a dit...

Le problème de la multiplicité des concours est dû au fait qu'il s'agit désormais d'un vrai business. En effet, pour concourir, le vigneron doit dépenser généralement de 90 à 150 euros par échantillon présenté. Dans un contexte de crise où le vigneron cherche tous les moyens pour se mettre en avant, certains ont trouvé le filon. Mais dire que le prix d'un vin médaillé augmente aussitôt est faux. Au mieux, la médaille pourrait permettre une meilleure visibilité, pas plus. Et la multiplicité des concours banalise les récompenses et fait diminuer d'autant l'impact sur le public. Personnellement vigneron dans le val de loire, cela fait plus de 10 ans que je n'ai pas fait un concours et je ne m'en porte pas plus mal.
Sur les jurys:
Il y a 12 ans, j'ai présenté 2 vins au concours de mâcon: L'un des vins avait obtenu une médaille d'or alors que l'autre n'avait rien eu.
Ce deuxième vin était encense par la presse, Philippe Faure-Brac lui avait consacré un article d'une demi page dans un magazine (sans contre partie de ma part, je tiens à le préciser). j'ai demandé le commentaire des vins: surprise: le vin encensé par la presse était donné dilué et léger... Encore maintenant, on m'en redemande et c'est ma cuvée "haut de gamme"!!!!

4 juin 2007 à 16:58:00 UTC+2  
Anonymous Jonathan - Concours Mondial de Bruxelles a dit...

Membre du comité organisateur du Concours Mondial, je peux vous assurer que nous sommes conscients des arguments avancés et travaillons sans relâche à l'amélioration de notre 'process' afin de rendre nos médailles les plus représentatives possibles.

Pour ce qui est du jury tout d'abord ; il est composé uniquement de professionnels qui vivent pour et par le vin 365 jours/an : journalistes, écrivains et critiques spécialisés, ingénieurs-œnologues, acheteurs et négociants internationaux, représentants des interprofessions et syndicats viticoles, etc. Nous faisons preuve de la plus grande transparence quant à leur CV. Plus de 40 nationalités sont par ailleurs représentées au sein du jury, une diversité dont peu de concours peuvent se targuer.

Pour un maximum de fiabilité, les résultats sont calculés selon une procédure développée en partenariat avec l'institut de statistique de l'université catholique de Louvain.

Autre point que vous n'abordez pas : les risques de fraude. Là aussi -et bien que les possibilités de triche restent très limitées- nous avons décidé de couper court à toute tentative en mettant en place nos propres contrôles.

Ces mesures s'ajoutent au contrôle annuel du service public fédéral belge de l'économie. C'est la condition 'sine qua non' pour conserver la reconnaissance de la Communauté européenne.

Vous évoquez également l'absence de liste reprenant l'ensemble des participants à un concours. C'est un choix politique délibéré. Chaque vin est dégusté individuellement et non comparativement. Rappelons par ailleurs que notre objectif est de valoriser les vins de qualité (sans à priori lié au prestige de l'étiquette) et non de 'descendre' ceux qui, pour une raison ou l'autre, sortent des dégustations avec une mauvaise note. Ce pourquoi nous communiquons uniquement sur les lauréats.

Nous réalisons que la multiplication des concours -et donc des récompenses- tend à banaliser les médailles ; heureusement bon nombre des nouveaux concours, apparus par effet d'aubaine, peu soucieux de la qualité de leur organisation, ne durent que ce que vivent les roses…

Dernier point : les prix. Nous ignorons si le prix d'un vin médaillé augmente immédiatement. Ou alors, cela s'explique peut-être par une demande accrue. Ce que nous savons par contre, c'est que les deux tiers des médaillés sont commercialisés à un prix inférieur à €12,50. Et là, le consommateur en sort gagnant !

Voilà, en espérant avoir apporté un autre éclairage à la problématique, je reste à votre disposition pour plus d'informations !

22 juillet 2008 à 09:58:00 UTC+2  

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